Bénévoles d'association consultant un écran dans un local associatif chaleureux
Publié le 12 février 2026

Information importante

Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé. Consultez un expert-comptable ou l’administration fiscale pour votre situation spécifique.

66%, 75%, 60%… Trois chiffres, trois régimes fiscaux différents. Voilà ce qui perd la plupart des responsables associatifs que j’accompagne. La confusion la plus fréquente ? Croire que toute association loi 1901 peut émettre des reçus fiscaux. C’est faux. Et cette erreur coûte cher : jusqu’à 25% d’amende sur les sommes mentionnées.

L’essentiel du reçu fiscal en 30 secondes

  • Réduction de 66% pour dons aux associations d’intérêt général
  • Réduction majorée à 75% pour les organismes d’aide aux personnes en difficulté (limite 1000€)
  • Plafond global : 20% du revenu imposable (report possible sur 5 ans)
  • 7 mentions obligatoires sur le reçu fiscal
  • Toutes les associations loi 1901 ne peuvent pas émettre de reçus fiscaux

66%, 75%, 60% : démêler les taux de réduction fiscale

Commençons par ce qui vous intéresse vraiment. Aux termes de l’article 200 du CGI, un particulier qui donne à une association d’intérêt général récupère 66% de son don en réduction d’impôt, dans la limite de 20% du revenu imposable.

Des structures comme les fonds de dotation permettent également de collecter des dons ouvrant droit à cette réduction. C’est le cas par exemple de soutenir-naovie.fr, un organisme éligible au régime fiscal des dons qui garantit l’affectation des fonds à des missions d’intérêt général.

Mais attention. Donnez aux Restos du Cœur ou à une association d’aide aux personnes en difficulté ? Le taux grimpe à 75%, dans la limite de 1000€. Au-delà, vous retombez sur le taux classique de 66%. Et les entreprises ? Elles relèvent d’un autre régime : le mécénat, avec une réduction de 60% de l’impôt sur les sociétés.

Franchement, je vois beaucoup de confusion entre ces trois taux. Le récapitulatif ci-dessous vous permet de vous situer en quelques secondes.

Quel taux de réduction selon votre profil ?
Profil donateur Type d’organisme Taux réduction Plafond Report excédent
Particulier Association intérêt général 66% 20% revenu imposable 5 ans
Particulier Aide personnes en difficulté 75% 1000€ puis 66% 5 ans
Entreprise Organisme éligible mécénat 60% 0,5% CA ou 20000€ 5 ans
Comprendre les différents régimes fiscaux évite bien des erreurs



Nouveauté 2025 : selon les directives du Ministère de l’Économie, le taux de 75% s’étend désormais aux associations accompagnant les victimes de violences domestiques. Le dispositif Coluche, qui devait être temporaire, est maintenant pérennisé.

Votre association peut-elle émettre des reçus fiscaux ?

C’est LA question que je reçois le plus souvent. Soyons clairs : être une association loi 1901 ne suffit pas. Il faut être reconnu d’intérêt général au sens fiscal. Nuance capitale.

Attention : association loi 1901 ≠ éligibilité automatique

Dans mon accompagnement d’associations, je constate régulièrement cette confusion : beaucoup pensent que toute association loi 1901 peut émettre des reçus fiscaux. L’émission sans vérification préalable expose à une amende fiscale de 25% des sommes indûment mentionnées.

Pour être éligible, votre association doit remplir quatre critères cumulatifs définis par l’article 200 du Code général des impôts :

  • Avoir une gestion désintéressée (pas de rémunération des dirigeants au-delà des seuils légaux)
  • Exercer une activité non lucrative
  • Ne pas fonctionner au profit d’un cercle restreint de personnes
  • Agir en France ou depuis la France

L’erreur la plus fréquente que je rencontre ? Des associations culturelles ou sportives de quartier qui émettent des reçus pendant des années, sans jamais avoir vérifié leur éligibilité. Puis un contrôle fiscal arrive lors d’un don important d’entreprise.

Le rescrit fiscal : votre filet de sécurité

Avant d’émettre votre premier reçu fiscal, demandez un rescrit fiscal à votre Direction des Finances Publiques. C’est gratuit. L’administration a 6 mois pour répondre, et conformément à la procédure de rescrit fiscal, le silence vaut acceptation. Cette réponse vous protège en cas de contrôle ultérieur.

Si vous êtes une entreprise souhaitant formaliser un mécénat avec une association, consultez les clauses essentielles d’une convention de mécénat pour sécuriser votre partenariat.

Cas concret : une association culturelle prise au dépourvu

J’ai accompagné en 2023 une petite association culturelle de quartier. Trois bénévoles actifs, budget annuel de 8000€. Ils émettaient des reçus fiscaux depuis deux ans pour remercier leurs donateurs. Aucune vérification préalable.

Le réveil a été brutal : lors d’un don de 5000€ d’une entreprise locale, le comptable de l’entreprise a posé des questions. Contrôle fiscal. L’association n’était pas reconnue d’intérêt général.

Issue heureuse dans ce cas : demande de rescrit fiscal a posteriori, régularisation sans pénalité car bonne foi démontrée. Mais ça aurait pu tourner autrement.

Calculer concrètement l’avantage fiscal d’un don

Passons aux chiffres concrets. Parce que 66%, dit comme ça, ça reste abstrait. Prenons un exemple simple.

Vous donnez 100€ à une association d’intérêt général. Réduction d’impôt : 66€. Coût réel de votre générosité : 34€. Pour un don de 500€, vous récupérez 330€. Le calcul est limpide.

222

Don moyen des Français en 2025

Avec un don moyen de 222€ en 2025 selon une étude Odoxa, un donateur type récupère environ 147€ sur sa déclaration. Son geste lui coûte donc 75€ net. C’est ce qui explique que 72% des Français se déclarent donateurs ponctuels ou réguliers.

Attention au plafond. La déduction est limitée à 20% de votre revenu imposable. Vous gagnez 40 000€ par an ? Plafond de déduction : 8000€ de dons. Au-delà, l’excédent se reporte automatiquement sur les cinq années suivantes. Vous ne perdez rien.

Le taux de 75% pour les organismes d’aide aux personnes en difficulté ne compte pas dans ce plafond de 20%. C’est un avantage fiscal distinct, dans la limite de 1000€ par an.

Les dons permettent de financer des actions concrètes d’aide aux personnes



Émettre un reçu fiscal conforme : les 7 mentions obligatoires

Mon avis tranché : un reçu fiscal mal rédigé, c’est un risque pour l’association ET pour le donateur. Les services fiscaux n’hésitent plus à rejeter des déductions basées sur des reçus incomplets.

La fiche pratique Service-Public.fr détaille le formulaire Cerfa 11580. Voici les éléments indispensables :

Les 7 mentions de votre reçu fiscal



  • Nom et adresse complète de l’association


  • Numéro RNA ou SIREN de l’organisme


  • Numéro d’ordre unique du reçu


  • Date et montant du don en chiffres et en lettres


  • Mode de versement (espèces, chèque, virement, prélèvement)


  • Mention de l’éligibilité au régime fiscal des dons (article 200 ou 238 bis du CGI)


  • Signature du représentant légal ou responsable habilité

Obligation déclarative 2025

Les associations doivent désormais déclarer annuellement le montant global des dons perçus et le nombre de reçus délivrés. Cette obligation renforce le contrôle fiscal sur les émissions abusives.

La chronologie type d’un don, du versement au contrôle éventuel :


  • Don reçu par l’association

  • Émission et envoi du reçu fiscal au donateur

  • Déclaration de revenus du donateur

  • Délai de contrôle fiscal (prescription triennale)

Vos questions sur le reçu fiscal don association

Comment savoir si une association peut émettre des reçus fiscaux ?

Vérifiez si l’association remplit les quatre critères d’intérêt général : gestion désintéressée, activité non lucrative, pas de cercle restreint, action en France. En cas de doute, seul le rescrit fiscal apporte une réponse opposable à l’administration.

Puis-je déduire un don si je n’ai pas reçu de reçu fiscal ?

Non. Le reçu fiscal est la pièce justificative indispensable en cas de contrôle. Conservez-le pendant au moins trois ans. Sans ce document, l’administration peut rejeter votre déduction.

Que faire si mon don dépasse le plafond de déduction ?

L’excédent se reporte automatiquement sur les cinq années suivantes. Vous ne perdez pas le bénéfice de la réduction, elle est simplement différée.

Une association doit-elle déclarer les reçus fiscaux émis ?

Oui, depuis la réforme récente. Les associations déclarent chaque année le montant total des dons reçus et le nombre de reçus délivrés. Cette obligation vise à renforcer le contrôle et limiter les abus.

Le reçu fiscal est-il obligatoire pour l’association ?

Légalement non, mais en pratique oui si vous voulez fidéliser vos donateurs. Sans reçu, ils ne peuvent pas déduire leur don. C’est un outil de confiance et de transparence essentiel.

Au-delà des dons, d’autres leviers de financement existent pour développer votre association. Découvrez les opportunités de financement pour votre association pour diversifier vos ressources.

Ce qu’il faut retenir

Si vous êtes responsable d’association, voici votre plan d’action immédiat :

  • Vérifiez dès cette semaine si votre structure remplit les critères d’intérêt général
  • Si un doute persiste, envoyez une demande de rescrit fiscal à votre Direction des Finances Publiques
  • Téléchargez le Cerfa 11580 et préparez votre modèle de reçu fiscal conforme

Si vous êtes donateur, conservez précieusement vos reçus. Ils sont votre garantie face à l’administration fiscale pendant trois ans.

Précisions sur les règles fiscales 2025

Les taux et plafonds mentionnés sont ceux en vigueur pour les revenus 2024-2025 et peuvent évoluer. L’éligibilité d’une association dépend de son objet et de son fonctionnement réel. Chaque situation personnelle (tranche marginale d’imposition, autres réductions) impacte le calcul final. En cas de doute, consultez votre service des impôts des particuliers ou un expert-comptable.

Rédigé par Camille Lefèvre, consultante en gestion associative depuis 2018. Elle accompagne des associations et fonds de dotation dans leurs démarches administratives et fiscales, notamment sur les questions de mécénat et de reçus fiscaux. Elle a accompagné plus de 80 structures dans la sécurisation de leurs pratiques de collecte de dons. Son expertise porte sur la conformité réglementaire et l'optimisation des relations donateurs.